Question au gouvernement

IMG_5447Jeudi 20 juillet – questions au gouvernement

Monsieur le Président,

Mes chers collègues,

Ma question s’adresse à Monsieur le Premier Ministre.

Lundi dernier, lors de la Conférence Nationale des Territoires, le Président de la République a porté sur les fonts baptismaux, ici même au Sénat, ce « pacte girondin » audacieux qu’il veut construire entre l’Etat et les collectivités territoriales.

Pour les esprits chagrins qui voulaient faire croire que les territoires constituaient une sorte d’impensé présidentiel, c’est une déception. Mais pour les élus, profondément attachés à la défense des territoires, c’est une grande satisfaction.

Le Président de la République nous a présenté une doctrine qui témoigne de sa conscience aigue des défis territoriaux auxquels notre pays doit faire face :

  • l’écart entre France des métropoles et France périphérique,
  • l’importance du levier territorial pour réussir les transitions numériques et écologiques,
  • le besoin de simplification, sinon de simplicité
  • la nécessité de combattre les inégalités de richesses et, par conséquent, les égoïsmes
  • l’indispensable refonte de la fiscalité locale 

Le Président a su éviter le piège du grand soir territorial et des annonces tonitruantes sans lendemain.

Il a été concret sur les transports du quotidien, sur les déserts médicaux, sur l’offre nouvelle de logements, sur le haut débit pour tous. Oui, ses engagements ont été clairs et son calendrier précis.

Au nom des sénateurs qui se reconnaissent dans la majorité présidentielle, je veux saluer cette feuille de route ambitieuse et cette méthode pragmatique, pour construire une France des territoires qui reste proche et qui voit loin.

Monsieur le Premier Ministre,

Pouvez-vous nous préciser comment le gouvernement entend mettre en œuvre le nouveau pacte de confiance et de responsabilité que le Président de la République veut sceller entre l’Etat et les collectivités territoriales ?


Paris-Saclay : «C'est un immense gâchis, car ce territoire regroupe ce qui se fait de mieux en France»

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Retrouvez mon interview accordée au journal Le Figaro ce mercredi 3 mai sur le plateau de Saclay.

SÉNATEUR socialiste de l’Essonne, rapporteur du budget de la recherche, Michel Berson est l’auteur du rapport « Réussir le cluster de Paris-Saclay » publié en mai 2016.

LE FIGARO.- Les attitudes de refus des écoles d’ingénieurs et le cavalier seul de l’université Paris-Sud ne signifient-ils pas la faillite de Paris-Saclay ? Michel BERSON.- C’est un immense gâchis. Un gâchis profondément regrettable, parce que ce territoire regroupe ce qui se fait de mieux en France, voire en Europe, en matière de recherche et de coopération scientifique. Tous les atouts sont là pour créer une très grande université de recherche performante et conforme aux standards internationaux. C’était le projet initial. Nous n’y sommes pas. Nous sommes aujourd’hui dans une situation de blocage. De dix-huit acteurs, on est passé à sept, puisque l’École polytechnique était opposée au projet. Maintenant c’est Centrale Supélec qui n’en veut plus. Pour que la copie ne soit pas rendue blanche, la présidente de Paris-Sud propose désormais une troisième solution. Elle seule, avec les organismes de recherche nationaux. Avec ce petit noyau, on peut, je l’espère, aboutir à un nouveau départ. Mais la période électorale n’est pas propice. Rien ne sera décidé avant juin ou juillet.

Quels sont les responsables de ce « quasi-échec » ? L’État est le premier responsable, car il n’est pas capable de parler d’une seule voix. Nous n’avons pas un ministère de la Recherche mais plusieurs. Sur le plateau, sept tutelles différentes interviennent ! Le ministère de la Défense soutient l’École polytechnique qui lui est rattachée, le ministère de l’Agriculture défend AgroParisTech, le ministère de l’Industrie défend l’Inria, le ministère de l’Économie, l’Institut Mines-Télécom et celui de l’Enseignement supérieur, les universités… Les 60 millions d’euros soudainement accordés à Polytechnique la veille de Noël 2015 par le ministère de la Défense ont été ainsi perçus comme une provocation par les autres. Il y avait pourtant moyen d’inciter écoles et universités à travailler ensemble ! Quant à ces dernières, on leur demande de se mettre d’accord et de construire une « université cible », mais elles en sont incapables à cause du poids de l’histoire, de ce système qui oppose universités et grandes écoles, lequel est unique au monde et d’un autre temps. C’est parfaitement absurde d’opposer les uns aux autres. Elles ont tout à gagner à mutualiser pour se développer.

Qu’attendez-vous du prochain gouvernement ? Il faut absolument que le futur premier ministre s’empare de ce dossier et que toutes les décisions soient décidées en interministériel. Sinon, il ne se passera rien. Cette question pourtant fondamentale de la recherche n’a quasiment pas été abordée pendant cette campagne électorale. Je le regrette. J’ai parlé de Saclay à l’entourage d’Emmanuel Macron, notamment avec Jean PisaniFerry. Il faut absolument un exemple de rapprochement qui réussisse en France. Emmanuel Macron se dit prêt à booster les crédits de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous verrons.


Je m'engage pour Emmanuel Macron

MB-MB-E-MacronMesdames, Messieurs,

A quelques semaines d’une élection présidentielle sans pareille et incertaine, alors que notre pays entre dans une période décisive, mon devoir d’élu comme de citoyen est de vous faire part de mon choix. J’ai décidé d’apporter mon soutien à Emmanuel Macron.

Comme beaucoup d’entre vous, je m’interroge sur la situation politique inquiétante de notre pays. Dans ce contexte, le meilleur comme le pire peuvent surgir car les bouleversements qui affectent le monde ne s’arrêtent pas à notre porte.

Et disons les choses clairement, chaque jour qui passe nous rapproche d’un possible cauchemar : la victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle avec son programme irréaliste et mensonger, la remise en cause de la République et de ses valeurs.

François Fillon en porte une lourde responsabilité. Elu nettement dans une primaire qui avait rassemblé plus de 4 millions de Français, il était le candidat d’une droite qui voulait tourner la page des affaires. Cet espoir a été déçu par les révélations sur les petits secrets que cachait François Fillon. Son éthique défaillante montre qu’il faut définitivement rompre avec de telles pratiques insupportables.

En s’entêtant dans une candidature dangereuse, il a rendu possible le succès du Front national. Même s’il advenait que les élus et les militants « Les Républicains » tournent cette mauvaise page et désignent un autre candidat, rien n’effacera pas la faillite collective de cette formation et la tâche morale créée au cours des dernières semaines.

Alors, chacun d’entre nous se trouve confronté à une question brutale : que faire lors de l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai ?

Evacuons d’emblée une option intenable : l’attentisme. Souvent fruit sincère de la sidération face à une situation instable et dévastée, l’attente doit se muer en engagement. Nous ne pouvons pas jouer le destin de la France à la roulette russe et risquer une victoire de Marine Le Pen.

Un autre choix, conforme à mon histoire et à mon parcours, aurait consisté à soutenir Benoît Hamon, le candidat désigné lors de la primaire du PS, mais j’ai avec lui des désaccords de fond, notamment sur le devenir du travail et de forme, en particulier son animation d’une fronde mortifère pour la gauche. Mais surtout, il est le candidat d’un monde anachronique, celui de ces vieux appareils qui confisquent la vie démocratique de notre pays.

Consacrer tant de semaines à construire un accord, purement électoral, avec Europe Ecologie Les Verts, déployer tant d’énergie à vouloir reproduire ce qui a échoué lors du quinquennat qui s’achève nous interpelle. Ces pratiques ne produisent que des accords obscurs, étrangers aux attentes de nos concitoyens. Un PS, aujourd’hui fort éloigné de celui de François Mitterrand, un PS recroquevillé sur de petits intérêts ne peut faire gagner, ni la gauche, ni la France.

Ces vieux réflexes qui irriguent la vie du PS et d’EELV, mais aussi de LR, du PCF ou de l’UDI sont une cause majeure du rejet de la politique. Ils empêchent l’émergence de nouveaux talents. Le choix des candidats ne repose plus sur les compétences, la force des convictions et l’ancrage populaire mais sur l’appartenance à un appareil qui ne sait plus produire d’idées ni engager d’initiatives mobilisatrices.

Ainsi donc, l’extrême droite menaçante, la droite décomplexée et discréditée, la gauche fracassée et repliée sur elle-même forment un cocktail explosif pour la démocratie française.

La gravité de cette situation impose une offre politique inédite et courageuse. Emmanuel Macron fait cette offre aux Français. C’est pourquoi j’ai décidé de m’engager à ses côtés pour contribuer à la recomposition politique dont la France a besoin.

Oui, la cohérence politique doit l’emporter sur l’esprit partisan et l’intérêt de son pays sur celui de son parti. Dans le moment où nous sommes, la seule offre politique crédible et utile, c’est le rassemblement des progressistes issus de la gauche et du centre, mais aussi d’une droite modérée lassée de l’affairisme et de la brutalité sociale.

L’alliance Macron-Bayrou, celle de l’énergie et de l’expérience, s’inscrit dans cette démarche. Elle constitue un tournant dans la vie politique française. Elle montre que la recomposition des forces, des idées et des pratiques portée par le mouvement progressiste « En marche » est aujourd’hui possible !

 

Le renouvellement et le rassemblement incarnés par Emmanuel Macron, c’est la réponse au désenchantement des Français, à leur défiance à l’égard de la vie politique, à la profonde injustice qu’ils ressentent face au chômage, aux difficultés de la vie et à la progression des inégalités. C’est aussi le refus des divisions et donc la volonté de construire des ponts entre les Français, au-delà de leurs différences et dans leurs complémentarités.

Pour Emmanuel Macron, la volonté et la mobilisation des énergies peuvent faire face aux grandes mutations et aux grands enjeux de notre temps : la révolution éducative qui réhabilite l’effort et répare l’ascenseur social, la modernisation de notre pacte social, la révolution numérique et la transition énergétique, la crise de l’Europe, la mondialisation et la régulation des flux migratoires.

Le peuple français, notamment les jeunes et les habitants des quartiers populaires, redécouvre, avec Emmanuel Macron, la noblesse de la politique. Il se reconnaît dans sa grande ambition réformatrice et progressiste.

 

Au cours de notre Histoire, dans les temps de doute et de crainte, la France a toujours su se rassembler au-delà des aspirations partisanes pour s’engager vers le sursaut.

Nous sommes dans ce moment-là.

Entré en politique aux côtés de François Mitterrand, pour rassembler la gauche et conquérir le pouvoir, je ne veux à aucun prix voir mon pays tomber dans les mains de l’extrême droite à l’heure où ma vie politique va s’achever en septembre prochain, avec la fin de mon mandat de sénateur.

Dans ce siècle qui s’ouvre encore, qui hésite sur le chemin à emprunter, je veux qu’une ère politique nouvelle commence, celle de l’audace, du renouveau et de l’espoir. Celle d’Emmanuel Macron.