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La gauche, l’entrepreneuriat et les espoirs de croissance

A la suite des Assises de l'Entrepreneuriat, initiées par la Ministre Fleur Pellerin, Michel Berson a signé une tribune, dont voici le texte intégral.

Dans la crise, la vitalité des entreprises de notre pays sera un facteur-clé de notre redressement. Elle doit permettre de doter la France d’une force créatrice redonnant fierté, courage et optimisme à nos concitoyens. Faire des entreprises une arme de création d’emplois, de croissance et de progrès : c’est le pari du gouvernement, c’est aussi la conviction d’une très large majorité de parlementaires qui, à gauche, soutiennent l’action gouvernementale en faveur de l’entrepreneuriat.

Comme Jaurès en son temps, à Albi, les élus sont tous les jours aux côtés des PME et de leurs entrepreneurs et salariés. Nous savons que, dans nos circonscriptions, ces chefs d’entreprise innovent, se battent avec des équipes et des ressources souvent modestes pour conquérir de nouveaux marchés, développer de nouveaux produits, transmettre leur envie de tester des réponses différentes à des besoins nouveaux. Nous voyons des hommes et des femmes –pas encore assez de femmes– passionnés, déterminés, soucieux de leurs salariés plus que de leurs chiffres d’affaires, inquiets de ne pas faire de l’humain une variable d’ajustement.

L’entrepreneuriat moderne, mû par le risque et le rêve, inscrit dans le mouvement créatif, est l’antithèse du conservatisme. Avec une conjoncture durcie, il est grand temps de construire une alliance objective avec celles et ceux qui, au quotidien, se battent comme nous pour la croissance et l’emploi dans nos territoires et à l’international. L’effort national de redressement passe par un nouveau pacte avec les entreprises de notre pays : c’est le pacte de compétitivité. Avec un nouveau volet, complémentaire et indissociable du premier : le pacte de confiance entrepreneuriale que les Assises de l’entrepreneuriat, voulues et conduites par Fleur Pellerin, ont permis de sceller de manière collaborative et participative, autour du Président de la République, du Premier Ministre et des entreprises de notre pays.

Fini le temps des oppositions systématiques. La bataille à mener concerne tous les acteurs économiques, embarqués dans la même crise, les salariés comme les entrepreneurs. Fini ensuite le temps des seuls discours macro-économiques. Nous avons changé d’approche dans la conception de notre politique économique : la croissance doit se penser globalement mais se trouver localement, en écoutant ceux qui construisent la vie économique, en concevant notre action politique comme le résultat d’un dialogue direct et permanent avec eux. Fini le temps, enfin, d’une économie insuffisamment tournée vers les industries de demain et les nouvelles technologies. Il nous faut, à l’heure de l'internationalisation, définir une stratégie d'investissement massif dans les secteurs d'avenir.

Nous sommes de cette gauche là, de cette gauche de la production, qui croit à ceux qui créent et qui veulent réconcilier l’impératif de croissance et de compétitivité avec la dimension sociale et humaine de l’entreprise. La place de la gauche est et sera au côté de ceux -ouvriers, salariés et entrepreneurs- qui vivent de leur travail contre ceux qui vivent de la rente et de la spéculation. Nous sommes de cette gauche qui, sur le terrain, échange avec les nouveaux talents du monde des petites et moyennes entreprises et découvre des visages nouveaux et divers : jeunes, femmes, chômeurs, seniors, chefs d’entreprise issus de tous les milieux sociaux et géographiques.

Dans les cités, dans les quartiers difficiles, en milieu rural, nous voulons aider à faire tomber les barrières qui peuvent encore freiner l'élan entrepreneurial de celles et ceux qui regardent l'audace avec envie. Et nous disons à cette France entrepreneuriale : comptez sur nous pour nous battre avec vous, pour votre accès à des financements, pour une simplification de vos démarches, pour le respect des délais de paiement, pour la formation de vos salariés, leur écoute et leur implication, pour une fiscalité juste et une épargne bien fléchée, pour vous inciter et vous accompagner dans l’investissement et l’innovation, pour aller chercher des points de croissance à l’étranger par le développement d'incubateurs à l’international.

Comptez sur nous pour former les jeunes générations à l’innovation et à ne pas craindre l’échec. Nous sommes alliés, au service d’une politique de croissance et d’emploi. Comptez sur nous car nous comptons sur vous, qui participez aux côtés de la puissance publique, chaque jour, au redressement productif de notre pays.


Enseignement en anglais à l'Université : une nécessité pour attirer les étudiants anglophones

Le prochain débat au parlement du projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche donne lieu à de fortes prises de positions en faveur de la langue française qui serait mise à mal par ce texte.

Ce n’est pas mon avis.

L’article du texte en question reprend l’une des propositions formulées par ma collègue Dominique Gillot dans une proposition de loi sénatoriale déposée le 12 février dernier relative à l’attractivité universitaire de la France. La logique de la proposition étant que celle-ci dépend le plus souvent de la langue d’enseignement. En effet, un certain nombre d’étudiants, des pays émergents notamment, ne font pas leur parcours universitaire en France du fait de l’absence de cours en langue anglaise.

La rédaction du texte ne remet aucunement en cause le principe du français comme langue de l’enseignement supérieur, il ajoute une exception supplémentaire à la loi Toubon (qui fixe le française comme langue de l’enseignement sur le territoire national). Cette dernière étant déjà largement contournée, il s’agit trouver un cadre légal qui permette de conformer l’ambition de l’attractivité internationale au principe de défense et de promotion de la francophonie.

Par ailleurs, se pose la question de la mobilité en France des étudiants de l’espace francophone. Je me félicite sur ce point des récentes annonces du Ministre de l’Intérieur et de l’instauration du visa de trois ans qui sécurisera leurs conditions d’accueil.

Je ne suis pas inquiet sur le fait que les étudiants qui souhaitent apprendre notre langue continuent de venir dans notre pays, même si cet article est adopté en l’état. La connaissance d’une langue, pour un étudiant étranger, ne se fait pas tant sur les bancs des amphithéâtres que dans leur cadre de vie. C’est notamment en favorisant leur accueil et leur conditions de vie que ces étudiants construirons un attachement fort à notre pays et à sa langue.

Enfin, sur la francophonie je ne pense pas qu’il faille la considérer comme un espace menacé qui doit perpétuellement se défendre en se repliant sur lui-même. C’est en étant ouverte et en acceptant de cohabiter avec l’anglais notamment, mais aussi avec d’autres langues, que la francophonie se renforcera.

Pour toutes ces raisons, je m’opposerai à toute modification de cet article 2 du projet de loi portant sur l’enseignement supérieur et la recherche.


Michel Berson défend la cause tibétaine

Tibet

Michel Berson, ainsi que trois sénateurs du groupe d’information sur le Tibet, se sont rendu en mission à Dharamsala (Inde) du 7 au 12 mai 2013. Il y ont rencontré plusieurs membres du gouvernement et du parlement tibétain en exil.

Le 17 avril dernier, Michel Berson s’était déjà entretenu au Sénat avec le Premier Ministre tibétain en exil qui lui avait exprimé la nécessité et l’urgence d’un rétablissement du dialogue, interrompu par les chinois, entre les autorités de Pékin et le gouvernement tibétaine en exil.

L’urgence est d’obtenir un arrêt de la violation méthodique et constante des droits humains et des libertés fondamentales du peuple tibétain, puis l’autonomie provinciale du Tibet, dans le respect de la Constitution chinoise.

La présence d’une délégation sénatoriale française en Inde, à Dharamsala, siège de l’Administration centrale tibétaine, s’inscrit dans le cadre d’une action européenne à laquelle s’associe le Sénat en faveur de la cause tibétaine.